C’EST QUOI LE PANAFRICANISME?

C'est quoi le panafricanisme?

Le panafricanisme est défini comme le mouvement politique et culturel qui considère l'Afrique, les Africains et les descendants d'Africains, hors d'Afrique, comme un seul ensemble visant à régénérer et unifier l'Afrique, ainsi qu'à encourager un sentiment de solidarité entre les populations du monde africain.

Le panafricanisme glorifie le passé de l'Afrique et inculque la fierté par les valeurs africaines. Pour résumer, nous dirons que le panafricanisme est une doctrine qui tend à développer l'unité et la solidarité africaine. Perçu de cette façon, nous dirons que le panafricanisme est synonyme d'intégration, qui désigne le fait d'entrer dans un tout, dans un groupe, dans un pays etc. [1]

Retour dans l'histoire

Le panafricanisme est né des flancs de l'oppression avec l'avènement de l'esclavage, du XVème jusqu'au XVIIIème siècle. Mais comme là où il y a oppression ii y a lutte et résistance, les noirs qui subissaient cette situation inhumaine n'ont jamais baissé les bras. C'est ainsi qu'au Brésil, des esclaves en révolte créèrent vers la moitié du XVIIème siècle, jusqu'au XVIIIème, la République de Palmarès. Mais en Haïti, après une révolution épique, menée par Toussaint Louverture et Dessalines, la première République noire fut fondée. Ces péripéties permirent de faire prendre conscience la diaspora aux Etats Unis, en Europe et en Afrique, qui culmina à la création d'un mouvement politique qui va poser un certain nombre d'idées et de revendications à travers plusieurs congrès (1919, 1921, 1923, 1927 et 1945) dont les protagonistes les plus en vue étaient Henry Sylvester Williams, Marcus Garvey, Williams E. B. Dubois, Anthenor Firmin, Nandi Azikiwé, George Padmore, Francis Kofie, Kwame Nkrumah. [2]
 
Au cours de ces différents congrès, l'accent fut mis sur les objectifs s'articulant autour de la solution des problèmes du colonialisme, la fin pacifique de la domination, le respect des droits de l'homme, dont la colonne dorsale avait pour contenu un nouveau cadre de coopération internationale. Soulignons que Lamine Senghor, Garang Kouaté sont des combattants panafricanistes longtemps victimes de l'ostracisme colonialiste et néocolonialiste. [2] 
 
Au 5ème congrès (selon Philippe Ouédraogo), un jeune Sierra léonais Marcus Grant, fit “une sortie programmatique" qui en disait long sur la volonté des animateurs du mouvement de se soustraire à la domination coloniale:
« Nous ne voulons plus mourir de faim plus longtemps alors que nous travaillons dur pour le monde pour soutenir, par notre pauvreté et notre ignorance, une fausse aristocratie et un impérialisme discrédités. Nous condamnons le monopole du capital et la règle de l'enrichissement et de l'industrie privée pour les seuls profits privés… Nous allons porter plainte, lancer des appels et poursuivre devant la justice. Nous allons faire en sorte que le monde écoute les réalités de notre condition. Nous allons combattre de toutes les façons possibles pour la liberté, la démocratie et l'amélioration de notre condition sociale. »  [2]
 
Le combat pour le la reconnaissance des droits légitimes des peuples noirs, d'Afrique et de la diaspora, dès la fin des 2 guerres mondiales, s'accéléra pour aboutir aux Indépendances africaines. Ainsi, sauf l'Ethiopie et le Liberia, dans les années 60. La majorité des Etats africains au Sud du Sahara, accéda à l'indépendance. Puis l'Angola et le Mozambique, en 1975 [2].
 

Accession aux indépendances et réalités

Dès les indépendances, de grands militants panafricanistes tels que : Kwame Nkrumah, Cheikh Anta Diop, David Diop, Sékou Touré, Mamadou Dia, Patrice Lumumba, Modibo Keita, Frantz Fanon, Djibo Bakary, Nelson Mandela, Tidiane Baidy Ly, Samba Ndiaye, Thomas Sankara, dont tous ont emporté leurs convictions dans leur tombe( sauf quelques-uns ), après avoir fait face à l'adversité et aux vicissitudes de la vie, d'autres grands hommes avaient repris le flambeau à coté avec d'autres panafricanistes sérieux pour engager l'Afrique dans la voie du salut.[2]
 
 Mais en même moment, de faux panafricanistes, par ce que colonisés de la tête aux pieds, sous des dehors de défense des valeurs nègres, étaient plus en phase en défense des intérêts de l'ex-puissance colonisatrice. Parmi eux, quelqu'un qui a eu à claquer la portes du Mouvement et contribuer avec zèle à lever des troupes en Afrique de l'Ouest, pendant la première guerre mondiale 1914/1918. Donc deux personnages, Blaise Diagne et Senghor acquis au statuquo colonialiste, foncièrement contre l'idée de d'indépendance, ont porté un coup néfaste au mouvement du panafricanisme. On peut comprendre, par voie de conséquence, qu'ils soient réfractaires à tout ce qui touche à l'enseignement des langues nationales africaines. Que l'on ne vienne pas nous dire que “Senghor a involontairement organisé l'échec du Continent dans la construction de l'Unité africaine". Que l'on arrête de faire dans la politique politicienne et la langue de bois en évitant d'effaroucher des alliés politiques de circonstances. “Senghor, tout négatif", disaient 2 de nos compatriotes, après son décès. Il a toujours volontairement organisé l'échec de l'unité de l'Afrique, pour des intérêts cryptos personnels. Pourquoi il ne voulait pas voir Cheikh Anta Diop, même en portrait ? Par ce simplement ce dernier aimait l'Afrique et lui faisait ombrage en s'attaquant aux “falsificateurs de l'histoire".[2]
 
 
Donc si les pères fondateurs du panafricanisme ont accompli un devoir majeur de poser les jalons de la lutte pour une Afrique libre et indépendante, il n'en est pas de même, pour une certaine élite félonne qui pendant longtemps ont repris la place des anciens gouverneurs des colonies. Surtout en Afrique francophone. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les pères et les principaux animateurs du mouvement, à la fin du XXème siècle, ne devraient pas être satisfaits de la situation dans laquelle où se trouve le Mouvement là où ils sont. Tant du point de vue de l'engament politique militant, que du point de vue du progrès économique et social. Car, au regard du développement de la pensée, du développement scientifique et technique et du progrès du droit international, l'Afrique est en deçà de la situation dans laquelle où elle devrait être, dans le concert des nations. Surtout, vu le potentiel dont elle dispose au plan des ressources humaines, agricoles, minières, hydriques etc. Mais Quelles en sont les causes ? La responsabilité de nos propres frères est engagée, sans doute, au premier chef.[2]
 
Par ce que, face aux legs politiques des premiers panafricanistes qui ont combattu le crime des esclavagistes, des colonialistes et autres politiciens assimilés, formatés pour défendre des intérêts égoïstes néocoloniaux, ont tourné le dos aux intérêts de leurs peuples et de leurs nations. Porteurs d'idéologies fumeuses (“Négritude», Francophonie"), ces idéologies sont venus corrompre les élites et les populations ou comploter pour abattre ceux qui étaient sur des positions progressistes (tels les camerounais Félix Moumié, Osando Afana, Ernest Ouandié, le Guinéen capverdien Amilcar Cabral, le tchadien Bono, Sankara, Khadafi etc.), Gbagbo, heureusement toujours là, en vue de sortir l'Afrique de la misère et de la pauvreté.[2]
 
Appuyés en cela par leurs sponsors politiques d'Occident qui ont trouvé en leur collaboration, du pain béni pour poursuivre l'exploitation séculaire de l'Afrique. Ce qui fait qu'en ce moment, l'Afrique est au creux de la vague, à tout point de vue. [2]
 
A part les Modibo Keita, Nkrumah, Sékou Touré et autres, au lieu de s'inspirer des enseignements des “Fondements Economiques et Culturels d'un Etat Fédéral d'Afrique noir", livre du grand panafricaniste, le Pr. Cheikh Anta Diop, pour impulser un développement autocentré harmonieux, avant de penser à produire pour l'extérieur, de faux panafricanistes que nous avons l'habitude d'appeler des “prêts à répéter", ont contribué à placer l'Afrique dans le camp du néolibéralisme destructeur.[2]